L’histoire
La vieille histoire est celle de Nián, une bête qui descendait des montagnes au tournant de l’année pour dévorer le bétail et les enfants, et dont on découvrit qu’elle craignait trois choses : le rouge, le feu et le bruit. C’est tout le langage visuel de la fête : sentences rouges sur le chambranle, enveloppes rouges, lanternes, pétards.
Chaque année porte un des douze animaux et un des cinq éléments, si bien que la paire se répète tous les soixante ans. L’animal est la première chose qu’on demande sur une année de naissance, et le cycle est celui que le calendrier compte depuis les Han.
Mais ce que le jour est vraiment, c’est le voyage. Le chunyun, la saison de déplacements qui l’entoure, produit plusieurs milliards de trajets en quarante jours — la plus grande migration humaine annuelle qui soit — parce que la règle est qu’on rentre chez soi.
